Coupe du Monde

12 July 2006

Pas sportif pour deux sous, je me suis retrouvĂ© emportĂ© par la vague des Bleus au cours de la Coupe du Monde. Ils ont portĂ© haut les couleurs de la France et j’ai trouvĂ© leur parcours de 2006 plus convaincant que celui de 1998. Mais voilĂ , ils ont perdu en finale. J’espère que leurs contacts avec la population Ă  commencer par leur apparition place de la Concorde lundi leur ont montrĂ© la joie des Français (sauf bien sĂ»r les rĂ©calcitrants au foot et Ă  ces emportment populaires). C’est vrai quand mĂŞme que le sport français apparaĂ®t rarement aussi haut. Joignons Ă  cette rĂ©jouissance sportive l’incroyable performance d’AmĂ©lie Mauresmo (je peux t’appeler AmĂ©lie ? on a le mĂŞme âge) qui, elle, a gagnĂ© !

Hier sur i>tĂ©lĂ©, un responsable du foot français dont j’ai oubliĂ© le nom disait en substance “la magie du foot c’est que ce n’est pas toujours le meilleur qui gagne”. Je ne suis pas sĂ»r que ce soit seulement le cas du foot (ni que ce soit vraiment magique). Bien Ă©videmment, le facteur chance intervient toujours. Mais surtout dès lors qu’il y a des règles, il y a des critères pour juger de la qualitĂ©. Dans certains sports, comme de nombreuses disciplines de l’athlĂ©tisme, il s’agit des performances brutes, on peut donc juger facilement le jour dit du meilleur des compĂ©titeurs. Mais dès qu’il y a classement par points ou opposition entre Ă©quipe avec buts Ă  marquer, performance sportive et rĂ©sultats peuvent diverger. On en trouve des explications en Ă©conomie.

D’une part, Arrow a dĂ©montrĂ© en 1951 (thĂ©orème d’Arrow) que seules les procĂ©dures dictatoriales permettent de remplir les conditions d’uninanimitĂ© et d’indĂ©pendance aux sous-ensemble de choix. Concrètement cela permet de montrer que les systèmes de points (formule 1, choix au cours d’un appel d’offres) sont manipulables.

D’autre part, mesurer la performance sportive par le nombre de buts marquĂ©s conduit Ă  des problèmes de risque moral. Le principal (le public, les fĂ©dĂ©rations) veulent connaĂ®tre le meilleur compĂ©titeur parmi les agents (Ă©quipes, sportifs). Pour simplifier son travail, il leur demande de marquer des buts et s’en tiendra aux rĂ©sultats pour l’attribution des rĂ©compenses. Les compĂ©titeurs s’orientent donc vers ces critères de gain (marquer, ne pas encaisser). L’espoir est que cette orientation coĂŻncidera avec la performance sportive. Rien n’est sĂ»r cependant. Je propose donc une interprĂ©tation de la finale. Les Italiens constatent qu’ils ne peuvent marquer (qualitĂ© de la dĂ©fense française et fatigue) et sont soumis Ă  des actions dangereuses. Il s’orientent donc vers une stratĂ©gie qui consiste Ă  empĂŞcher les Français de remplir leur objectif (marquer) par une dĂ©fense renforcĂ©e et des dĂ©stabilisations pscychologiques jusqu’au moment oĂą les objectifs seront changĂ©s et leur redonneront des chances (les tirs au buts). Problème classique de mesure de la performance dans les contrats.

Tout ça pour expliquer mon dĂ©sarroi. Les Français ont Ă©tĂ© magnifiques dans cette Coupe du Monde contrairement aux Italiens qui ont presque tout gagnĂ© ric-rac. Je crois que globalement il y a plutĂ´t un consensus pour dire qu’ils Ă©taient les meilleurs dans cette finale. Mais ils n’ont pas rempli les critères de mesure de la performance. C’est la règle du jeu. Ce problème de divergence entre performance et victoire sera-t-il rĂ©dhibitoire dans l’avenir ou serais-je de nouveau pris dans le tourbillon du patriotisme sportif ?

SĂ©lection Ă  l’entrĂ©e de l’universitĂ©

12 July 2006

Premier post…

RĂ©action au compte rendu publiĂ© par FrĂ©dĂ©ric Rolin sur son blog. Je commençais Ă  rĂ©agir sur son blog quand vu la longueur de mon commentaire, je me suis dit que je pouvais bien utiliser ce blog que j’avais commencĂ© Ă  crĂ©er il y a quelques mois.

La sĂ©lection Ă  l’entrĂ©e de l’universitĂ© est impossible. C’est aussi simple que cela. Dominique de Villepin parle mĂŞme de tradition rĂ©publicaine en la matière. Toute idĂ©e en ce sens est bloquĂ©e depuis 1968. Juste avant les Ă©vĂ©nements, Alain Peyrefitte prĂ©parait un projet de sĂ©lection Ă  l’entrĂ©e. Il a Ă©tĂ© enterrĂ©. L’accroissement des effectifs procurant une force de mobilisation grandissante aux mouvement universitaires (voir les mobilisations relatives contre le CPE et le CNE) et la peur des gouvernements a transformĂ© cette reculade de 1968 en tradition rĂ©publicaine. Cela explique Ă©galement pourquoi le gouvernement essaie de biaiser en demandant une meilleure orientation et des statistiques de rĂ©ussite et de dĂ©bouchĂ©s claires et publiques.

Il paraĂ®t cependant envisageable de ne pas autoriser les bac pro ou techno dans les filières gĂ©nĂ©rales des universitĂ©s. Surtout et malheureuement parce que leur capacitĂ© de mobilisation n’est pas suffisante. Cependant, pour les bac techno cela ne me semble pas tout Ă  fait souhaitable. La sociĂ©tĂ© française est insuffisament mobile pour interdire les passerelles et la rĂ©compense des bons Ă©lèves de ses filières dĂ©valorisĂ©es. On ne peut se satisfaire d’une orientation Ă  la fin de la troisième si elle ne laisse aucune chance Ă  ceux qui se rĂ©vèleraient plus tard. L’ouverture aux bacheliers technologiques (et pas aux bac pro dont le diplĂ´me a un objectif d’entrĂ©e sur le marchĂ© du travail, ou alors avec expĂ©rience professionnelle) d’une annĂ©e de mise Ă  niveau non diplĂ´mante est de ce point de vue intĂ©ressante. On pourrait d’ailleurs imaginer qu’un certain nombre des cours de cette annĂ©e soit ouvert aux bacheliers gĂ©nĂ©raux voire imposĂ© notamment Ă  ceux dont les dossiers scolaires montreraient des dĂ©faillances en qualitĂ© de rĂ©daction ou en culture gĂ©nĂ©rale.

Je me permettrais cependant de relever que l’absence de sĂ©lection Ă  l’entrĂ©e en universitĂ© ne pose pour le droit qu’un certain nombre des problèmes qu’elle pose en gĂ©nĂ©ral. En effet, en cas de succès et d’obtention des diplĂ´mes, il ne me semble pas que les Ă©tudes de droit manquent de dĂ©bouchĂ©s. Ce qui n’est pas le cas d’autres filières que je ne citerai pas pour ne pas entrer dans la polĂ©mique. L’accumulation de ces diplĂ´mĂ©s sans emploi contribuent Ă  la dĂ©valorisation des Ă©tudes supĂ©rieures dans l’opinion (« un diplĂ´me, c’est mĂŞme plus une sĂ©curitĂ© mon pauv’monsieur ») alors mĂŞme que la compĂ©tition Ă©conomique et la mondialisation nous imposent d’augmenter le nombre de Français diplĂ´mĂ©s de l’enseignement supĂ©rieur.

BientĂ´t…

13 February 2006

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